Les belles rencontres #1 ! Par Celine Baltide

 

Chers amis et lecteurs,

J’ai eu envie de partir à la rencontre de personnes qui m’inspirent et de leur poser quelques questions sur leur parcours et leur inspiration.

Aujourd’hui, je commence avec une interview d’Armanda Dos Santos, thérapeute et formatrice en Ayurveda. Elle est également directrice éditoriale d’Ayurveda Magazine.

Par Celine Baltide

 

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  1. Bonjour Armanda, peux-tu me raconter ta rencontre avec l’Ayurveda et ton cheminement jusqu’à aujourd’hui ?

Armanda Dos Santos: J’ai rencontré l’Ayurveda en 2010, j’avais 30 ans et mes médecins venaient de m’annoncer la possibilité de m’amputer la jambe.

J’ai en effet eu un cancer des os à l’âge de 17 ans (communément reconnu comme le « cancer des adolescents »). Je vis avec une prothèse totale du genou depuis. Seulement, à un moment donné mon corps a fait un rejet (un gros rejet) de ce corps étranger.
Pendant 10 ans, j’ai subi 1 à 2 interventions par an pour endiguer l’inflammation chronique, nettoyer le genou, changer de matériel de la prothèse. Et pendant 10 ans j’ai pris une certaine quantité d’anti-inflammatoires et d’anti-douleurs jusqu’à ce que les médecins ne sachent plus quoi me prescrire.

L’annonce d’amputation a été un réveil et un chemin de guérison totalement nouveau pour moi. A ce moment là, et en parallèle à mon boulot de journaliste, je poursuivais une formation de prof de Yoga. Me tourner vers l’Ayurveda a donc été une évidence, et la pratique des deux, ainsi que mon initiation à la Méditation, a matché et m’a « sauvée ».

J’ai rencontré alors Joyce Villaume Le Don, thérapeute en Ayurveda à Paris. En changeant mon alimentation et mon mode de pensée, on a réussi à soigner l’inflammation en interne et en externe en évitant toute une catégorie d’aliments qui nourrissent naturellement les bactéries et développent l’excès de mucus dans le corps. Grâce à l’usage des épices comme le curcuma et le gingembre on a pu purifier mon système sanguin, apaiser la douleur et endiguer l’état inflammatoire. Et grâce à l’exercice de la Méditation, je suis rentrée en communication (voire même en « communion ») avec ma jambe pour écouter, comprendre ce qu’elle essayait de me dire.

Je pensais alors avoir déjà beaucoup travaillé sur moi, beaucoup appris et « compris » depuis mon cancer… mais on ne finit jamais d’apprendre !

Tout ça pour moi a été tellement révolutionnaire et efficace que je n’ai plus jamais eu à consulter de chirurgiens. J’ai soigné ma jambe, j’ai gardé ma prothèse, j’ai une meilleure connaissance de mon corps, de l’effet des aliments et de certaines substances sur mon corps. Mais surtout, j’ai pris conscience de combien le mental peut être une machine de mort fantastique ou un potentiel de vie extraordinaire.

L’Ayurveda m’a responsabilisée. Et je me suis sentie libre.

Quand mon corps manifestait une douleur, de deux choses l’une : soit il s’agissait d’une émotion que je refoulais et d’une manifestation symptomatique, soit c’est que j’avais merdé dans mon alimentation ou mon hygiène de vie ! Mais dans les 2 cas c’est moi qui suit à l’origine de cet état. Ça change beaucoup la donne !

 

2. Comment la pratique ayurvédique s’intègre dans ta vie au quotidien ? ou comment la pratique antique se modernise-t-elle chez toi ?

Armanda Dos Santos: Dans ma pratique personnelle de l’Ayurveda ou du Yoga, je suis passée entre plusieurs phases : de la plus traditionaliste, voir puriste, à la plus aléatoire et dissolue, avant de trouver la « voie du milieu ». Il m’a fallu faire le tri entre ce qui me convenait et ce qui n’était pas adapté à ma manière d’être ou de penser, à mes convictions et au mode de vie que je souhaitais avoir.

Quand j’apprends quelque chose et que je suis convaincue de son fondement, j’avais une grande tendance à l’appliquer à la lettre, de manière presque rigide. Je suis devenue thérapeute en Ayurveda, diplômée en Yoga. Je me suis formée en ventouse-therapie, en marmatherapie, en hypnotherapie, au taoïsme. J’ai fait des études comparatives en médecine ayurvedique, chinoise, islamique et moderne. J’ai consulté, interviewé et collaboré avec quelques grands noms de l’Ayurveda à travers le monde tels que les docteurs Maya Tiwari, Robert Svoboda, Claudia Welch, Rama Prasad ou encore David Frawley. J’étais en quête de perfection et en émerveillement permanent. J’ai même envisagé devenir nonne bouddhiste pour me sentir en parfaite cohérence avec mes convictions !

Jusqu’à ce qu’un moment je m’arrête de « courir » et de chercher. Je suis rentrée en France, et j’ai commencé à transmettre ce qu’on m’avait moi-même appris, à enseigner, et à vivre (!) comme une vraie parisienne, urbaine et trentenaire !

J’ai beau avoir étudié l’Ayurveda pendant 3 ans, le Yoga pendant 5 ans, avoir fréquenté des ashrams, des universités et hôpitaux ayurvediques en Inde, je ne suis pas indienne. Je ne suis pas sage. Et je ne suis pas médecin.

Je suis juste une occidentale qui par le hasard de la vie a été amenée à s’intéresser à des formes alternatives de soins, et qui s’en sert pour s’auto-soigner en cas de besoin, tout en vivant ma vie de la manière la plus banale qui soit. Par exemple, je consomme très peu de viande mais je ne suis pas végétarienne. Je tiens très peu l’alcool mais j’adore savourer un vieux Bordeaux. Je pratique la méditation de Pleine Conscience de Thich Nhat Hanh mais je ne porte pas des habits de moine et je ne brûle pas de l’encens à longueur de journée !

La Discipline est indispensable pour apprendre la maîtrise de concepts qui sont pour certains tellement éloignés de notre culture et mode de pensée. Mais je pense qu’il faut ensuite savoir les « digérer », avoir l’intelligence de s’appliquer ce qui nous convient et pas à la lettre, et faire preuve de « discrimination » : il y a ce qui est écrit, et puis il y a qui je suis. C’est le dilemme de la théorie et de la pratique. En l’occurrence pour nous thérapeutes en Ayurveda, il y a ce qui a été écrit à l’origine (il y a 5 000 ans), et il y a le monde d’aujourd’hui.

3. Quels sont tes pratiques indispensables pour que tu te sentes bien ? Celles que tu maintiens quoi qu’il arrive ou auxquelles tu reviens quand tu en sens la nécessité ?

Armanda Dos Santos: La Méditation sans aucune hésitation.

Quelque que soit mon hygiène de vie, mon alimentation, mon état émotionnel… je me pose et je médite.

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La Méditation me met dans un état d’éveil et de conscience. Elle me met dans un état d’être et de présence à moi-même. Comme si après le vacarme extérieur, ou malgré ce vacarme, je suis consciente de mes émotions, de mes états d’âme, de ce qui se passe à l’intérieur. Je suis en « écoute », je reviens habiter mon corps et je lui apporte de l’attention, de l’amour, de la valorisation.

Et s’il m’arrive de pas comprendre toujours ce qu’il me dit, ce qui se joue à l’intérieur, ni ce qu’il faudrait faire, j’accepte de pas voir le contrôle et de laisser aller. Les choses peuvent aussi être telles qu’elles sont… sans que ce soit un problème. Elles peuvent être parfaites dans leur imperfection.

 

4. Quel est ton message au monde ? Que souhaites-tu partager ? Quels conseils ? (c’est une carte blanche, aussi n’hésite pas si tu as un sujet particulier qui te tiens à cœur d’en parler)

Armanda Dos Santos: Aucun ! je ne me sens pas suffisamment aboutie pour avoir un « message » en particulier. Si ce n’est peut-être de dire que, si vous un problème : Aimez ! S’il se résout pas : aimez plus fort ! S’il persiste et récidive : aimez-le inconditionnellement ! La capacité à aimer a un pouvoir magique inexplicable. Et ça ne passe pas par les universités !

 

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Voilà, cette première rencontre a été faite et j’espère que vous avez trouvé cela aussi passionnant que moi ! Je remercie Armanda qui m’a répondu très vite et surtout avec beaucoup d’enthousiasme.

Je ferai régulièrement des interviews pour le blog mais je tenterai de privilégier autant que possible l’audio car je découvre de mon côté certains podcasts et je trouve que cela fonctionne bien avec nos modes de vie urbains et pressés tout en offrant un moment de détente et de rencontre avec l’autre par le biais de ces conversations.

J’espère que vous aurez autant de plaisir à lire ou écouter ces interviews que j’en ai à les faire.

 

Source: https://soulfoodsupafood.com/2017/05/16/les-belles-rencontres-1/

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